Comparaisons intra-sujet

En France les structures entièrement dédiées aux essais cliniques en dermatologie sont très rares. Placé sous la tutelle du CHU de Nice, le Centre de pharmacologie clinique appliqué à la dermatologie (CPCAD), est l’une d’elles : « Cette unité thérapeutique comprend 2 médecins dermatologues, 3 assistants de recherche clinique et deux personnes chargées de l’assistance administrative et du contact avec les patients », souligne Le Pr Jean-Paul Ortonne, chef de clinique dermatologie du CHU de Nice. « Notre équipe est dévolue à 100 % aux évaluations de pharmacologie clinique. Et le psoriasis constitue environ 70 % de notre activité ». Tout patient qui consulte en dermatologie peut ainsi être candidat à des essais thérapeutiques. Mais l’équipe dispose aussi d’un fichier de patients. Par ailleurs, elle informe les malades de l’existence des protocoles via les associations de patients comme l’Association de lutte contre le psoriasis (APLCP).

Les essais cliniques menés en dermatologie présentent quelques spécificités, notamment ceux qui concernent les médicaments topiques (à usage local). Lorsque la molécule testée est un topique, le traitement ne pourra concerner qu’une seule et même lésion. Il est également possible de réaliser des essais comparatifs chez un même patient (un côté du corps est traité, et l’autre pas). Ces comparaisons intra-sujets permettent de surcroît d’obtenir des informations statistiquement significatives sur de petits groupes de patients. On peut également réaliser des comparaisons par groupes parallèles : le premier groupe reçoit le principe actif et le second le placebo (en fait, l’excipient du produit). Cependant, il ne s’agit pas d’un placebo au sens strict du terme puisque tout produit appliqué sur la peau a un impact sur ses structures et fonctions !