Comprendre les difficultés du dermatologue

Le diagnostic et la prise en charge du psoriasis se font sur plusieurs terrains. L'intensité « physique » de la maladie ne souffre généralement d'aucune ambigüité. La surface atteinte, le degré de l'érythème et l'épaisseur des squames permettent de distinguer des psoriasis inflammatoires, plus actifs et rebelles des formes superficielles. L'intensité « psychologique » d'un psoriasis ne relève en revanche pas forcément de l'évidence. Le médecin doit alors rechercher un état dépressif et/ou anxieux, conséquence de la maladie ou d'autres facteurs aggravants (environnement de l'individu, traumatismes...).

Une fois un psoriasis diagnostiqué, c'est surtout le suivi du traitement qui peut s'avérer problématique. « Du fait du caractère chronique de la maladie, à un moment donné, les gens ont souvent tout utilisé comme traitement et c'est parfois difficile de les motiver pour réaliser une prise en charge suivie » souligne le Dr Jean Paul Poirier, dermatologue à St Laurent du Var. « Il existe encore des non-dits chez les patients durant la consultation. Savoir exprimer son psoriasis n'est pas toujours évident. C'est une maladie dont on a peut être du mal à parler, où il faut montrer son corps, se laisser examiner. C'est une pathologie qui a une mauvaise réputation avec un caractère chronique et pas de traitement vraiment efficace. Le patient a quelques fois tendance à considérer qu'il n'y a pas grand chose à faire. Dans certains cas, il en parlera peu au médecin voire consultera peu. Il est donc primordial de casser ce genre de spirale négative en laissant le patient s'exprimer » ajoute le Dr Olivier Samson de St- Raphaël.

Convenir d'un contrat thérapeutique
Avant tout choix de traitement, les moyens thérapeutiques doivent être exposés schématiquement par le médecin, en précisant pour chacun d'entre eux les avantages ou les inconvénients et leurs indications en termes d'extension ou de topographie du psoriasis. Au moment de la décision, médecin et patient doivent aborder la notion de faisabilité des soins (âge, conditions socio-économiques, disponibilité) ainsi que la capacité d'observance. Par ailleurs, les consultations de suivi ne doivent pas être de simples chambres de renouvellement des ordonnances mais doivent s'intéresser à la tolérance des thérapeutiques reçues et de leur réalisation effective, en prenant en compte par exemple le volume de médicaments utilisé.