L'alcool est-il un facteur déclenchant ou aggravant le psoriasis ?

Aucune étude scientifique ne prouve ni n'explique cette influence, mais plusieurs travaux notent une incidence plus élevée de psoriasis chez les personnes alcooliques. On sait que l'alcool majore le risque de révéler un psoriasis. Cet effet s'explique par l'accumulation de toxines dans le sang après une ingestion d'alcool. La peau, qui permet notamment d'éliminer les déchets de l'organisme, travaille alors à plein régime en cas de surconsommation. Elle devient ainsi un terrain propice aux poussées de psoriasis. Par ailleurs, l'excès d'alcool est plus souvent associé au psoriasis pustuleux de la paume des mains et de la plante des pieds.
Chez les patients déjà atteints de psoriasis, l'alcool aggrave la maladie : il assèche la peau, augmente les démangeaisons et le grattage, pouvant provoquer un phénomène de Koebner. En outre, il diminue la tolérance de certains médicaments en transformant leur métabolisme, augmentant ainsi leur toxicité. L'alcool multiplie le risque d'effets secondaires. En abuser est contre-indiqué par exemple avec la prise de méthotrexate, de ciclosporine ou encore d'acitrétine.
L'alcool favorise également la résistance aux traitements, diminuant leur efficacité. Sa consommation entraîne une perte non négligeable de zinc : ce métal joue un rôle essentiel dans le processus de guérison de la peau. L'alcool affecte enfin l'observance aux traitements : il affaiblit l'estime de soi qui est justement un facteur majeur de bonne observance thérapeutique. Sachant qu'il peut atteindre le foie, il pourrait par ailleurs limiter vos options thérapeutiques. L'alcool agit donc négativement sur l'évolution de la maladie.

Alcool et infections
L'alcool consommé en quantité abusive est immuno-dépresseur et augmente la propension aux infections bactériennes graves (tuberculose...) et virales, susceptibles elles-mêmes de modifier le cours du psoriasis. Enfin, l'alcool et le tabac, avec une mauvaise hygiène bucco-dentaire, sont souvent responsables de foyers infectieux chroniques ORL.