Evaluation de la gravité du psoriasis

Pour évaluer la gravité objective du psoriasis, on utilise surtout des critères morphologiques comme le PASI (index de surface et de sévérité du psoriasis). Ce système permet notamment de mesurer l’étendue et la répartition des lésions ainsi que l’intensité de l’érythème et des squames. Plus ce score grimpe, plus le psoriasis est qualifié de grave. “ Ce score présente l’avantage d’être reproductible, mais ne représente en aucun cas la gravité objective, non plus que subjective de la maladie ”, affirme le Pr Grob.

Bon nombre de spécialistes pensent que plusieurs facteurs interviennent dans la gravité du psoriasis, comme le retentissement sur la qualité de vie et la résistance au traitement et, pas seulement des critères morphologiques ou d'extension des lésions.

En effet, la gravité du psoriasis est essentiellement en rapport avec la façon dont chaque patient vit sa maladie : la notion de stress perçu est primordiale. Le psoriasis affecte les patients de façon très différente. Par exemple, deux personnes atteintes de lésions semblables dans leur extension et leur localisation peuvent vivre leur maladie de façon très différente : la première estimera que sa dermatose est “ grave ” tandis que la seconde qualifiera sa maladie de “ bénigne ”.

Certains psoriasis étendus ont parfois de moindres répercussions sur la qualité de vie par rapport à des lésions très localisées. Les lésions des paumes et des plantes des pieds peuvent par exemple entraîner une gêne importante au plan fonctionnel. L’atteinte du visage ou des organes génitaux peut quant à elle générer un stress psycho-social important.

Ce qui ne signifie pas que l’étendue des lésions n’entraîne aucune souffrance morale : certaines études ont montré que les patients dont la surface cutanée est atteinte à plus de 30 % se déclarent prêts à abandonner un quart de leur espérance de vie pour vivre sans psoriasis.

La notion de gravité ne peut donc se réduire à une seule dimension. Et si l’extension des lésions, leur topographie compte, c’est la façon dont un patient vit avec son psoriasis dans le contexte culturel et professionnel qui est le sien, qui reste le plus important.

L’appréciation de l’impact du psoriasis sur la qualité de vie est essentielle puisque le rapport bénéfice-risque d’un médicament donné se mesure essentiellement à l’aune du bénéfice en qualité de vie.

Comme toutes les maladies ayant des répercussions sur la qualité de vie, la prise en charge du psoriasis fait l’objet d’une approche globale, centrée sur le patient et non sur la maladie.