Vivre et apprendre à cohabiter avec un psoriasis...
Tout le monde peut rencontrer des difficultés à dessiner son avenir avec un psoriasis. Si le problème de l’adolescent psoriasique ne s’inscrit pas sur le même plan qu’un psoriasis chez un quinquagénaire, il n’en demeure pas moins vrai qu’aujourd’hui, le paraître joue énormément dans notre société et peut particulièrement gêner des psoriasiques ados comme adultes, hommes comme femmes. « Le problème lorsqu’on est adolescent et qu’on a du psoriasis, c’est qu’on se dit que les relations amoureuses se compliquent, la vie professionnelle et ses projets peuvent changer. Certains jeunes arrêtent malheureusement leurs études du jour au lendemain car ils ont du psoriasis et ne le supportent plus. J’ai ainsi rencontré une jeune femme de 27 ans qui venait juste de se faire embaucher après son DESS et qui au bout de deux mois d’essai, a vu apparaître un psoriasis sur les mains. Après avoir subit des remarques depuis quelques temps, catastrophée, elle nous appelle en craignant de ne pas se voir embauchée après sa période d’essai terminée, juste pour son psoriasis… », confie Dalila-Sid Mohand.
Pour garder espoir face à la délicate période de l’apparition de la maladie, il faut non seulement bien prendre en charge sa pathologie, mais surtout ne pas rester seul(e) face à cette épreuve. « Il est d’abord très important de consulter un dermatologue. Si le « feeling » n’est pas passé de suite avec le médecin, il ne faut pas hésiter à prendre contact avec une association de patients qui vont vous réorienter vers un autre praticien, en fonction du lieu de résidence ». Quant à l’attitude à adopter à l’égard des proches, tout dépend du contexte familial et des rapports entre les membres de la famille, « mais c’est vraiment très important, ne serait- ce qu’au niveau du traitement », insiste Dalila Sid-Mohand. « C’est important d’en parler avec ses proches tout de suite, surtout avec les gens avec lesquels on habite. Peut-être pas dans l’immédiat avec toute la famille, car on peut vite se retrouver étouffé(e) par les questions incessantes. Néanmoins, pour les personnes qui partagent le foyer, il est essentiel de vraiment partager sa situation et d’expliquer la maladie et les désagréments pour que les personnes qui habitent avec vous puissent vous aider dans votre démarche de soins ».
Côté prise en charge thérapeutique, le Dr Patrick Brun juge essentiel que le patient arrive à accepter d’avoir cette maladie. « Au début, la plupart du temps, le patient rejette cette idée, l’image de son corps, au point de ne plus avoir envie de s’en occuper. Il le cache, et à partir de ce moment là, il ne le prend plus en charge et entre alors dans un cercle vicieux ». Si le médecin se doit de déculpabiliser le patient, il doit également arriver à le rendre responsable vis-à-vis de son traitement. « Sans aucun doute, le facteur psychologique initial est important pour savoir comment lui-même ressent sa pathologie » ajoute le Dr Brun pour qui faire accepter la maladie, « n’est pas toujours chose facile ».


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