Dessiner son avenir avec un psoriasis : témoignages
Roberte, 65 ans : « De temps en temps, c’est lui qui gagne, de temps en temps c’est moi »
Premières consultations : « Depuis mes 59 ans J’ai un psoriasis palmoplantaire qui devient très vite inflammatoire. Cela se gerce et cela donne l’impression de marcher sur des lames de rasoir. J’ai mis très longtemps à comprendre qu’il s’agissait d’un psoriasis, pratiquant un nomadisme médical assez important. Ce n’est qu’au bout de quatre mois, à la suite d’une visite chez un troisième dermatologue que j’ai entendu prononcer le nom de psoriasis pour la première fois. J’en avais alors non seulement sous les pieds, mais aussi sur les mains. Ce médecin voulait - je pense - me ménager et n’arrivait pas à me dire qu’il s’agissait d’une maladie dont je ne me déferais pas. Il me disait pour me remonter le moral qu’on en viendrait à bout. En fait, c’est à partir du moment où je me suis affiliée à l’APLCP que j’ai pris conscience de la composante génétique de la maladie, et donc du fait que je ne m’en débarrasserais pas, qu’il fallait que j’apprenne à vivre avec et à la maîtriser ».
La vie quotidienne avec un psoriasis : « Ma cohabitation avec mon psoriasis s’est améliorée, au fil du temps, j’ai appris à vivre avec lui. J’ai un traitement de fonds que je conserve depuis six ans. J’ai appris à appliquer mon traitement que lorsque c’est vraiment nécessaire. En gros, c’est moi qui décide quand je commence et quand j’arrête mon traitement. Par contre j’hydrate ma peau de façon à pouvoir me préparer à supporter une poussée de pso. Lorsqu’on m’a expliqué pour la première fois que ma maladie était un psoriasis, je n’ai pas vraiment été abattue, car je ne savais finalement pas vraiment ce que c’était. Par contre, quand j’ai pris conscience des perspectives de la maladie, oui. Cela change beaucoup notre relationnel aux autres. D’abord au début je devais porter des sabots, été comme hiver. Quand j’en ai eu aux mains, ce fut encore plus difficile pour moi qui exerçait un travail en contact des gens, lesquels avaient parfois des réticences au moment de me serrer la main, par crainte de contagion, je suppose... Ce genre de situation qui vous confine dans un sentiment d’exclusion. Cela à modifié ma vie car je n’avais pas l’intention de prendre ma retraite à 60 ans, mais je l’ai fait quand même car je travaillais en milieu scolaire. Le psoriasis a beaucoup modifié le cours des choses en ce qui me concerne. Maintenant je le regrette un petit peu, car aujourd’hui je maîtrise cette maladie que j’ai appris à connaître et avec laquelle j’ai appris à réagir par rapport à ses évolutions. A ce jour, je considère que je mène une vie à peu près normale car j’ai mis en place au fil du temps une stratégie pour contrer mon psoriasis, pour essayer de le limiter. De temps en temps, c’est lui qui gagne, de temps en temps, c’est moi ».


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