Le traitement de l'atteinte articulaire
Il n'existe pas aujourd'hui de traitement spécifique au rhumatisme psoriasique. Le rhumatologue collabore étroitement avec le dermatologue. Il est nécessaire en effet de traiter à la fois l'atteinte articulaire et l'atteinte cutanée, qui évoluent chacune indépendamment. Le rhumatologue adopte une stratégie thérapeutique similaire à celle de la polyarthrite rhumatoïde. Son objectif est de calmer la douleur et d'agir sur l'évolution de la maladie.
Dans le cas d'une forme limitée et peu sévère de la maladie, les traitements symptomatiques et locaux suffisent. Ils diffèrent peu de ceux des autres rhumatismes inflammatoires chroniques. Parmi les traitements symptomatiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS constituent le traitement de base. Peu nocifs pour la peau, ils n'agissent pas sur le psoriasis lui-même. Le traitement est arrêté entre chaque poussée. Les antalgiques sont aussi fréquemment utilisés, la corticothérapie moins souvent. Elle peut provoquer un rebond de la dermatose en cas d'arrêt brutal ou de diminution des doses.
Si les AINS n'ont pas eu d'effet bénéfique et qu'il n'y a qu'une seule articulation douloureuse, le rhumatologue peut traiter localement en effectuant des infiltrations de l'articulation douloureuse. Il injecte des anti-inflammatoires directement sur le lieu de l'inflammation. Sinon, il peut réaliser une chirurgie réparatrice.
Pour les formes plus sévères ou polyarticulaires, et celles résistantes aux autres traitements, le médecin instaure un traitement dit « de fond », dont l'action est plus lente. La gamme des traitements systémiques (sels d'or, sulfasalazine, méthotrexate) s'étoffe avec les biothérapies. Les plus connus sont les anti-TNF alpha. Ils sont réservés aux formes sévères en raison de leur coût et de leurs effets secondaires, potentiellement graves (voir notre FAQ sur les traitements biologiques du psoriasis).
Par ailleurs, le patient peut faire appel à la podologie, la kinésithérapie, la physiothérapie, l'ergothérapie, être pris en charge psychologiquement ou suivre une cure thermale adaptée (voir quelques-uns de nos dossiers sur les cures thermales en France : La Roche-Posay et Avène et Neyrac, Rochefort-sur-Mer et Molitg-les-Bains).
De manière générale, le rhumatisme psoriasique évolue moins sévèrement que les autres rhumatismes inflammatoires. Sachez qu'il n'est pas rare d'en guérir. Toutefois, le risque de développement de lésions destructrices articulaires ou d'ankylose vertébrale dans près de la moitié des cas justifie une prise en charge précoce.
Bénédicte, atteinte de rhumatisme psoriasique, témoigne :
J'ai 33 ans et suis issue d'une fratrie atteinte à 50 % par le psoriasis cutané. A la suite d'une grossesse difficile il y a 16 ans et malgré une IRM trop peu probante, un rhumatisme psoriasique a été diagnostiqué au bout de quatre ans d'après le listage des symptômes.
L'état articulaire était soigné par Harpagophytum (ndlr : une plante africaine également appelée « griffe du diable » en raison de ses fruits en forme de crochets), par chiropraxie (ndlr : technique de soins manuelle assez proche de l'ostéopathie) et par microkinésithérapie (ndlr : une autre technique de soins manuelle, consistant à contrôler et restaurer la vitalité des tissus corporels). Je n'ai pu empêcher une aggravation cutanée progressive : actuellement, j'ai des petites plaques rondes sur tout le corps.
J'ai donc suivi plusieurs cures, au printemps ou en été, à la Roche-Posay, à Neyrac-les-Bains (cure double handicap), puis à Avène. D'expérience, une eau qui convient donne une amélioration dès la première cure. Rien ne sert de s'entêter le cas échéant.
Pour soigner un psoriasis, même avec des problèmes articulaires associés, je déconseille la cure double handicap, trop épuisante. Mes séjours à la Roche-Posay, mais surtout à Neyrac, ont permis une nette amélioration, même si j'ai rechuté en automne.


Abonnez-vous à notre newsletter mensuelle pour connaître toute l'actualité du pso