Une maladie multifactorielle

Le psoriasis est une maladie génétique - due à un bouquet de gènes et non à un seul gène - révélée par des facteurs d'environnement, à la fois externes : changements de saison, frottement des vêtements... et internes : maladies infectieuses, stress psychologique, prise de certains médicaments...

Parallèlement aux facteurs génétiques et d'environnement, qui indiquent une sensibilité particulière à développer la maladie, apparaissent des réactions immunitaires spécifiques au niveau de la peau, lesquelles entretiennent l'inflammation.

Les plaques de psoriasis sont la conséquence d'un renouvellement accéléré des cellules de l'épiderme : environ une semaine pour une peau « psoriasique » contre un mois pour une peau "normale"

Le psoriasis peut survenir à tout âge, mais les premières poussées apparaissent la plupart du temps entre 10 et 30 ans. C'est une maladie chronique dont l'évolution est imprévisible : aux phases de récidives succèdent des phases de rémission.

En dehors des formes graves et rebelles au traitement (15 % des cas), cette affection s'avère bénigne.

Si elle met rarement en danger la vie d'une personne, elle a en revanche un fort impact sur sa qualité de vie. Eu égard à son aspect inesthétique et à sa chronicité, la maladie fait souvent naître des sentiments de dévalorisation, une souffrance morale et, au fil du temps, une dépression.

Les personnes psoriasiques connaissent souvent des difficultés de communication, tout particulièrement lorsque leurs lésions sont exposées au regard d'autrui : c'est notamment le cas pour le psoriasis du visage, du cuir chevelu et des mains.

Des traumatismes psychologiques - émotions fortes, deuil, rupture affective... ou des chocs physiques - accident, intervention chirurgicale - sont souvent à l'origine des premières poussées et des récidives.
De plus, le stress favorise de nouvelles poussées, aussi les personnes atteintes peuvent-elle rapidement se retrouver prisonnières de ce cercle infernal.

Les facteurs de gravité de la maladie sont d'abord corrélés au retentissement sur la qualité de vie, puis à la résistance de la maladie aux traitements et enfin à l'étendue des lésions.
Autrement dit, certaines personnes sujettes à une plaque de psoriasis éprouveront parfois une douleur morale plus intense que d'autres souffrant de lésions plus étendues ou plus repérables.

Atteint de psoriasis depuis l’âge de six ans, l’écrivain américain John Updike nous fait part de son mal-être : " Les stratégies de dissimulation se présentent en foule, et vous n’en finissez pas de vous auto-examiner. Vous êtes rivé à la glace, et cela sans arrêt : le psoriasis conduit au narcissisme et il faudrait imaginer ici un Narcisse qui n’appréciait pas ce qu’il voyait "
(" Etre soi à jamais ", Ed Gallimard).