Une maladie génétique complexe

Il est des maladies génétiques dont la transmission obéit aux lois de Mendel : transmission autosomique dominante (un des deux parents est porteur ou atteint de la maladie ; le risque de transmettre le gène défectueux à sa descendance est de un sur deux), autosomique récessive (les deux parents sont porteurs mais ils ne sont pas atteints de la maladie. Un quart des enfants seront atteints de la maladie et un quart d'entre eux seront sains et ne la transmettront pas) ou liée au sexe. On les nomme maladies génétiques simples ou monogéniques, ce qui signifie qu'un seul gène est responsable de la pathologie.

Lorsqu'on est atteint de psoriasis, la probabilité de transmettre la maladie à ses enfants ne dépend en revanche pas des lois de Mendel : celle-ci est en effet beaucoup plus faible.

Des recherches* menées sur des jumeaux monozygotes -vrais jumeaux, donc dotés du même patrimoine génétique- ont montré que lorsque l'un deux était atteint de psoriasis, dans 65 à 72 % des cas, l'autre l'était également. En revanche, cette probabilité est de 15 à 30 % chez les jumeaux dizygotes (ou faux-jumeaux).

Ces chiffres témoignent bien de l'implication de l'hérédité dans le psoriasis. Mais ils montrent aussi que l'hérédité n'est pas le seul facteur en cause : si tel était le cas, le taux de concordance chez les vrais jumeaux serait de 100%. Par conséquent, le psoriasis dépend aussi d'autres facteurs, vraisemblablement d'environnement. Pour l'heure, on ne connaît ni le nombre, ni la nature des facteurs génétiques et des facteurs d'environnement impliqués dans la survenue de la maladie.

Par ailleurs, la prévalence de la maladie varie selon les populations : en France, 3% de population est concernée par le psoriasis. En revanche, dans certains pays d'Europe du Nord, (Suède, Finlande...) ainsi qu'en Russie, la prévalence est de 6 à 8 %. Les Indiens des Andes et les Esquimaux semblent quant à eux épargnés par la maladie. Des différences de terrain génétique d'une population à l'autre, conjuguées à des facteurs d'environnement pourraient expliquer ces variabilités.