Premiers symptômes, première consultation...

Croûtes, démangeaisons, plaques, desquamations sur le cuir chevelu ou le reste du corps sont autant de symptômes qui peuvent faire penser à un psoriasis. Ces « alertes » peuvent toutefois porter à confusion et concerner finalement d’autres pathologies dermatologiques : Dermite séborrhéique (sur le visage surtout), eczéma, quelquefois des mycoses, sachant que l’on peut très bien présenter deux pathologies dermatologiques associées.

Lorsqu’on découvre ou croit se découvrir des plaques de psoriasis, il convient surtout dans un premier temps de ne pas se laisser angoisser par des informations que l’on pourrait rassembler à la suite d’une première et hâtive recherche sur internet. « Il faut tout d’abord consulter au plus vite un dermatologue sans passer par le généraliste », conseille Dalila Sid-Mohand, directrice de l’APLCP. « Lors de la première consultation, le problème est de savoir si le patient a déjà appliqué des crèmes sur les lésions, savoir s’il existe un rôle déclencheur-révélateur d’un médicament. D’autre part, il est important de signaler des éléments significatifs comme des améliorations des symptômes par le soleil, savoir si ça disparaît plutôt l’été… », explique le Dr Patrick Brun, dermatologue.

Dès la première consultation il s’avère également nécessaire d’indiquer à son médecin, l’ensemble des parties atteintes de psoriasis sur tout son corps, y compris les parties intimes. « Beaucoup ne le disent pas et restent dans une souffrance sans pareille, car il y a des traitements spécifiques à ces zones, et si l’on applique par exemple des crèmes pour le corps, sur les parties génitales qui ont des muqueuses beaucoup plus fines, le psoriasis se retrouve alors aggravé», rappelle Dalila Sid-Mohand. N’oubliez pas que le médecin n’est pas là pour vous juger. « Il faut l’informer précisément et même si l’information peut s’avérer gênante à aborder, ce n’est pas un drame. C’est au contraire très important d’en parler car le médecin lors d’un premier rendez-vous ne va pas forcément  mettre le patient à nu ».

Au cours de la première consultation, il est essentiel de prendre le temps de bien préparer ce moment qui a pu se révéler très traumatisant et frustrant dans l’histoire personnelle de bon nombre de psoriasiques. En effet, lorsque l’on se retrouve face au médecin, il n’est pas rare d’oublier voire de ne pas oser faire part de ses questions sur la maladie et/ou demandes d’éclaircissement sur certains points abordés durant la consultation. « Quelques fois, le médecin va vous dire que ça ne se guérit pas, mais que ça se soigne, et vous, vous n’entendez surtout que cela ne se guérit pas. Le malade peut ne pas comprendre qu’une chose puisse se soigner sans guérir vraiment. Le médecin n’est pas dans la tête du patient et vice-versa et il y a des informations qui se perdent. Pour s’informer, osez poser toutes les questions à votre médecin, en sachant que le médecin n’est pas dans votre tête et que ce que vous ne lui dites pas, il ne pourra pas le deviner. Il ne faut donc pas hésiter à questionner son médecin sur la nature et le mécanisme et l’évolution de la maladie », glisse la directrice de l’APLCP

Face au postulat dressé par le médecin d’un psoriasis qui ne peut se guérir, chose souvent difficile à concevoir de prime abord, il convient d’avoir le réflexe de demander de suite comment soigner sa maladie. Elément trop souvent négligé au cours d’une première consultation, il est absolument primordial d’aborder avec son dermatologue, la question des règles d’hygiène de vie à adopter afin d’apprendre à vivre au quotidien avec son psoriasis. «Ce sont des choses très importantes à savoir, que les médecins ne pensent pas spontanément à vous dire. Des conseils de base comme vous hydrater, vous laver avec de l’eau tiède, éviter les vêtements trop serrés ou préférer les vêtements en coton pour éviter la sudation, ce qui aggrave le psoriasis... Si le patient ne pose pas ces questions, le médecin ne l’informera que très rarement à ce sujet dès le premier rendez-vous, alors qu’il s’agit de points qu’il faut tout de suite connaître. Si vous suivez votre traitement et que vous aller vous frotter avec un gant de crin, avec de l’eau chaude sous la douche parce que soit disant ça soulage, ça ne sert à rien. Vous pouvez tout de suite arrêter le traitement car c’est comme si vous n’aviez rien fait. On croit souvent en parlant des traitements du psoriasis, que ceux-ci ne sont pas efficaces, mais en fait l’efficacité n’est souvent pas optimisée à cause des mauvais gestes que font les patients au quotidien».